La Bible lue par Thomas d’Aquin

Commentaires des deux épîtres aux Thessaloniciens

Thessaloniciens

Préface par Jean-Miguel Garrigues, o.p.
Introduction par Gilbert Dahan
Traduction et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Annotation par Jean Borella et Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Prix de l’Académie française 2017

L’objet principal du commentaire de S. Thomas sur les épîtres aux Thessaloniciens porte sur la défense de l’unité de l’Église contre les persécutions.

Dans la première épître il est question des persécutions présentes, ce qu’il décrit et résume dans son prologue, en recourant à l’image de l’arche de Noé au milieu des eaux tumultueuses, symbolisant la résistance de l’Église en proie aux tribulations. Dans la seconde épître, Thomas, comme on le lit aussi dans son prologue, traite en particulier des persécutions futures contre l’Église, au temps de l’Antichrist, que de nombreux auteurs ont tenté, depuis les premiers temps de l’Église, de décrypter en l’assimilant à tel ou tel tyran, mais qui en réalité doit encore se révéler avec toute sa malice à la fin des temps.

Commentaire de l’épître aux Philippiens suivi de Commentaire de l’épître aux Colossiens

Introductions par Gilbert Dahan et Walter Senner, o.p.
Traduction et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Annotation par Jean Borella et Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Ouvrage publié avec le concours du Centre national du Livre
Prix de l’Académie française 2017

Après avoir donné dans son Commentaire de l’épître aux Éphésiens un enseignement sur l’unité ecclésiale et l’affermissement du fidèle dans le Christ, l’Aquinate montre dans celui de la lettre aux Philippiens comment ces derniers, éclairés par la foi et marchant dans le droit sentier du Christ, gardaient cette unité de l’Église. Son commentaire de Ph 2, 5, qui introduit l’hymne au Christ, souligne de manière remarquable et pédagogique, à l’aide de la classification des cinq sens d’Aristote, notre devoir d’union totale au Christ.
Dans son Commentaire de la lettre aux Colossiens il est question de la préservation de l’unité de l’Église contre des hérésies et contre le péché. Saint Thomas met en relief le caractère éminemment ecclésiologique et donc communautaire de l’œuvre salvifique du Christ. Les hommes désunis par les conséquences du péché, représentés par « les Juifs qui voulaient la Loi et les Gentils qui ne la voulaient pas », sont réconciliés avec Dieu et entre eux par le Christ, et non point seulement le pécheur individuel avec son Dieu.

Commentaire de l’épître aux Éphésiens

Préface par le Cardinal Georges Cottier, o.p.
Introduction par Gilbert Dahan
Traduction et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Annotation par Jean Borella et Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre
Prix de l’Académie française 2017

Le thème fondamental que Thomas développe tout au long de ce commentaire (donné, semble-t-il, à Orvieto, en 1263-1265) est l’unité ecclésiale et l’affermissement du fidèle dans le Christ, et ce faisant, il souligne continuellement la place centrale du Christ dans l’histoire du salut. Après avoir énuméré, au chap. 1, les bienfaits conférés en général au genre humain par le Christ, l’Apôtre rappelle, au chap. 2, ces mêmes bienfaits en les comparant à l’état passé des Éphésiens ; au chapitre 3, il fait mémoire des bienfaits particuliers que Dieu lui a donnés ; aux chap. 4 à 6, 9, il exhorte les Éphésiens à demeurer dans l’unité de l’Église (4, 1-16), et les instruit sur la manière d’y demeurer (4, 17-6, 9). À la fin de cette lettre (6, 10-20), il montre quelle est la force dont les Éphésiens ont besoin pour accomplir ces préceptes, à savoir, la confiance dans le secours divin, puis il fait connaître aux Éphésiens sa situation, les salue selon sa manière habituelle et leur souhaite la grâce (6, 21-24).

Commentaire de l’épître aux Galates

Préface par Jean-Pierre Torrell, o.p.
Introduction par Gilbert Dahan
Traduction et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Annotation par Jean Borella et Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Ouvrage publié avec le concours du Centre national du livre
Prix de l’Académie française 2017

« La lecture thomasienne de cette lettre aux Galates (Orvieto, 1263-1265 ou Rome, 1265-1268) parvient à un réel équilibre entre engagement existentiel et étude scientifique. » Le problème de fond des Galates consiste dans le rôle et le statut de l’ancienne loi. Puisque le dépassement de l’ancienne loi est fondé sur l’opposition entre loi et grâce, et « puisque l’homme n’est pas justifié par les œuvres de la Loi » (Ga 2, 16), faut-il alors renoncer à toute loi ? Non, dit Thomas, car, au regard de Dieu, « la vraie justice, ou plutôt le degré supérieur de la justice, est celui qui s’affranchit de l’obligation de la règle ou de la Loi pour conformer sa conduite aux idéaux décrits dans la Loi, ancienne aussi bien que nouvelle, non comme esclave mais comme fils, mû par l’amour de Dieu et non par la crainte. »

Commentaire de la deuxième épître aux Corinthiens

Introduction par Gilbert Dahan
Traduction et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Annotation par Jean Borella et Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Prix de l’Académie française 2017

Saint Thomas, après avoir traité dans la première épître de la grâce donnée dans les sacrements, fait l’éloge des ministres de Dieu, ainsi appelés du fait de leur dispensation des mystères, de leur gouvernement et de leur œuvre de salut. Né, semble-t-il, de son enseignement au studium d’Orvieto (1263-1265), ce commentaire s’articule notamment autour de trois thèmes théologiques (la christologie, Dieu et l’homme, et l’Alliance nouvelle) que Gilbert Dahan met en valeur dans son Introduction à la traduction. Ils sont, fait-il justement remarquer, toujours élaborés dans une perspective qui reste prioritairement exégétique et pastorale, car ils visent à nourrir la prédication des jeunes frères dominicains.

Commentaire de la première épître aux Corinthiens

Introduction par Gilbert Dahan
Traduction et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Annotation par Jean Borella et Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Prix de l’Académie française 2017

Dans ce commentaire, dont la première partie (chap. 1 à 7, 10a) aurait été donnée à Paris comme les Romains (1271-1272) et la seconde (chap. 11 à 16) à Orvieto (1263-1265), saint Thomas expose d’abord comment la grâce nous est donnée par les sacrements, en particulier dans le baptême, l’Eucharistie et le mariage, et explique ensuite des manifestations de cette grâce dans les charismes et la résurrection. Ce commentaire de 1 Co est un magnifique complément des questions de la Secunda secundae de la Somme de théologie sur la vie morale et les vertus, en tant qu’il esquisse aussi une théologie spirituelle et mystique. Quant à la partie manquante, soit du chap. 7, 10b, au chap. 10, 33, elle est due au dominicain Pierre de Tarentaise, qui deviendra pape sous le nom d’Innocent V.

Commentaire de l’épître aux Romains

Avant-propos par Gilles Berceville, o.p.
Traduction et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Annotation par Jean Borella et Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Prix de l’Académie française 2017

Donné vraisemblablement au cours de sa deuxième régence à Paris (1271-1272), ses leçons sur l’épître aux Romains sont données avec une intelligence pénétrante et une grande précision théologique. Son commentaire est particulièrement important pour les thèses qu’il tire de Rm 1 ; Rm 3, 21 et suiv. ; 5, 12 et suiv. ; ainsi que Rm 7. Tout en laissant certaines questions ouvertes, Thomas, comme il le mentionne du reste dans le Prologue général, privilégie l’exposé doctrinal. Ainsi, l’épître présente-t-elle la grâce en elle-même. C’est en théologien soucieux de penser le message du salut que s’exprime Thomas, et c’est sous cet angle qu’il convient de lire son commentaire pour en apprécier la profondeur.

Commentaire sur les Psaumes

Introduction, traduction, notes et tables par Jean-Éric Stroobant de Saint-Éloy, o.s.b.
Préface par Mark D. Jordan de l’Université Notre-Dame (Indiana, États-Unis)

Rédigé probablement à Naples (1273), le Commentaire des Psaumes 1 à 54 exprime l’ultime maturation de la pensée de Thomas en matière de christologie et d’ecclésiologie, à l’instar de la Tertia pars de la Somme de théologie, dont il est contemporain. Dans son beau Prologue, Thomas justifie la place exceptionnelle des Psaumes dans la liturgie et la théologie chrétienne : « La matière du Psautier est universelle parce qu’elle renferme toute l’Écriture, la matière générale de toute la théologie, qu’il traite de toute l’œuvre divine, c’est-à-dire de la création, du gouvernement, de la rédemption et de la glorification, et qu’il se rapporte au Christ et à ses membres. Et c’est la raison pour laquelle le livre des Psaumes est le plus utilisé dans l’Église. » Ce commentaire des Psaumes est au plan scripturaire une « Somme », comme la Somme de théologie l’est au plan de l’exposition systématique de « la doctrine sacrée ».

© 2018 Jean-Éric Stroobant de Saint-Eloy