La Bible lue par Thomas d’Aquin

Si la Somme de théologie de saint Thomas d’Aquin, dominicain du XIIIe siècle et docteur de l’Église, constitue son œuvre majeure et se révèle être la plus connue, ses Commentaires de la Bible , fruit de son enseignement universitaire ou en studium dominicain (le maître en théologie est alors appelé magister in sacra Pagina), sont la clé ou la voie d’accès à une intelligence plus approfondie de tous ses écrits, y compris de ses œuvres philosophiques, la philosophie étant, au Moyen Âge, l’ancilla theologiae, la servante de la théologie, en ce sens qu’elle est une recherche de la vérité et que Dieu est Vérité. Parmi les livres du Nouveau Testament les plus commentés à cette époque, on trouve les évangiles de saint Matthieu et de saint Jean, ainsi que les épîtres de saint Paul. La tradition a retenu de saint Thomas un enseignement du corpus paulinien dont il ne subsiste aujourd’hui qu’une version hélas incomplète, puisque la partie comprenant les chap. 7, 10b, au chap. 10, 33 du Commentaire de la première épître aux Corinthiens est perdue.

J.-É. Stroobant s’est consacré depuis bientôt 20 ans à une traduction annotée et pourvue d’index de ses Commentaires des lettres de saint Paul . Ont été publiés successivement jusqu’à ce jour, également par les soins des Éditions du Cerf, les

L’auteur prépare en ce moment la traduction du commentaire des épîtres pastorales.

Pour mener à bien ce labeur de longue haleine, le traducteur bénéficie du soutien et des compétences de plusieurs grands connaisseurs de saint Thomas. Ainsi, dans l’attente d’une édition critique dont la perspective est encore éloignée, mise à part celle du Commentaire de l’épître aux Romains, Jean-Éric Stroobant a travaillé pendant près de six ans sous la direction du regretté fr. Louis-Jacques Bataillon († 2009), dominicain, membre de la Commission léonine (fondée sous le pape Léon XIII pour l’établissement critique des textes de saint Thomas et établie depuis peu à Paris ; voir www.commissio-leonina.org), et s’est ainsi initié à la lecture des manuscrits. La consultation des plus significatifs d’entre eux lui permet d’améliorer sensiblement le texte latin de référence (édition Marietti, 1953).

Pour les introductions et la révision de ses traductions, J.-É. Stroobant reçoit la collaboration de M. Gilbert Dahan, directeur émérite de recherche au Centre national de recherche scientifique (CNRS), directeur émérite d’études à l’École pratique des hautes études (EPHE, Sorbonne), qui a consacré de nombreux travaux aux relations intellectuelles entre chrétiens et juifs au Moyen Âge et à l’exégèse chrétienne de la Bible en Occident médiéval.

Pour l’annotation des passages plus philosophiques de ces Commentaires pauliniens, il est secondé par M. Jean Borella, ancien maître de conférences en philosophie antique et médiévale, ainsi qu’en métaphysique, à l’université de Nancy II, auteur d’ouvrages remarqués et traduits en plusieurs langues.

© 2018 Jean-Éric Stroobant de Saint-Eloy